De Pierre et de Sel...

17 octobre 2017

Tremblez, vieilles pierres !!!

Vous visualisez le petit cercle rouge indiquant 119 bien visible sur cette carte copiée (il y a quelques jours déjà) sur le site Sismalp ?

C'est à cet endroit que je vis... disons, pour être tout à fait exacte, que je vis dans la zone à portée de vibration d'un secteur qui enregistre de nombreuses petites secousses géographiquement regroupées et qu'on appelle essaim sismique.
Je ressens toutes les secousses pour peu que je sois chez moi sur l'ordinateur et qu'il n'y ait pas trop de bruit. Rien de bien important, mais tout de même de quoi m'alerter suffisamment pour me pousser à assister à la réunion d'information qui a eu lieu récemment.
D'autant plus que ma vieille maison, de par sa construction, si l'on en croit les indications données par cet intéressant manuel (à la page 9 du document Pdf), offre à peu près le degré zéro de protection parasismique.
En gros, si la terre tremble un peu trop, elle s'effondre.

La réunion était organisée par la Préfecture, à la demande du maire de la commune principalement concernée, avec l'appui technique de deux sismologues de Grenoble.

Les craintes de la population affleuraient à travers les questions : quid des sites classés Seveso très proches de cette zone sismique ? quid des barrages, Bissorte en tête avec ses presque 40 millions de m3? mais surtout : A QUOI PEUT-ON BIEN S'ATTENDRE ?

La réponse à la dernière question est très simple : ON N'EN SAIT RIEN.
Et si nos deux sismologues, à travers des réponses simples et accessibles (j'avais potassé mon sujet avant de venir ^^) se sont voulus rassurants, il n'en reste pas moins que ces phénomènes d'essaim sismique sont souvent considérés comme des précurseurs potentiels d'événements plus importants. Même si "plus important" ne signifie que "plus important que les secousses moyennes de l'essaim", donc pas forcément "destructeur", la vallée de l'Ubaye, connue pour son essaim très actif depuis plusieurs années, a tout de même enregistré un séisme de magnitude supérieure à 4. 
Or avec un séisme de M4, je ne réponds pas de l'état de mes vieux murs...

Pour l'heure, je m'amuse à noter l'heure des secousses que je ressens, avant d'aller les confirmer sur le site Sismalp.... et je délaisse la génétique (ma dernière passion) pour la sismologie.

Je suis devenue incollable sur la techtonique des plaques, les échelles de Richter, de magnitude du moment, et EMS-98, les types de signaux précurseurs, la méthode VAN, ou la différence entre les ondes premières, secondes et de surface.

Mais j'ai renoncé à une reconversion : 8 ans d'études, à mon âge, ce n'est plus tellement raisonnable...

Quoiqu'il en soit, depuis la réunion, les secousses s'étaient faites plus rares, mais il y a eu celle d'hier soir, assez nette pour que je retourne sur le site, Et ce matin, si j'ai nettement ressenti la secousse de 7h32 (5km de profondeur, M2.43), celle de 7h33 (5km de profondeur, M2.4) m'a littéralement fait sursauter : pas un bruit sourd accompagné d'une lègère vibration, comme pour la première, mais un bruit net, provoqué par des vibrations dans la maison... Quand à la secousse survenue à l'instant, j'ai cru que quelque chose s'effondrait dans les combles...

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Sinon, même si ça n'a aucun rapport, j'ai de plus en plus de bugs et dysfonctionnements divers sur  mon ordinateur et mon réseau. Entre les blogs sur lesquels je ne peux plus laisser de messages et Canalblog qui me fait la gueule, mes velléités de "retour" risquent de s'essouffler plus vite que prévu !

Capture

 Je ne peux tout de même pas demander l'asile informatique chaque fois que je veux poster un message...

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02 octobre 2017

"La porte" de Magda Szabo

la porte page de couv 001

Typiquement le livre choisi pour sa couverture et son titre qui, une fois n'est pas coutume, s'est avéré être un bon choix.

Ce livre, sorti en Hongrie en 1987, n'a été traduit en français qu'en 2003.
Je crois que c'est la première fois que je lis un auteur hongrois.

C'est un très joli récit, qui relate une relation de 20 ans entre une femme écrivain (désolée, je ne suis pas encore prête, psychologiquement, à utiliser le terme "écrivaine" qui rime trop avec "vaine" à mon goût pour ne pas se retrouver immédiatement connoté négativement. Peut-êre, un jour, quand il aura suffisamment été utilisé pour entrer dans le dictionnaire lui laisserai-je une place dans mon vocabulaire), une relation, donc, entre une femme écrivain et son employée, un personnage d'une dignité et d'une force de caractère impressionnantes.

Emerence est un pillier, pour sa communauté, et pour le foyer de la narratrice.
Emerence est une force de travail, perfectionniste, qui ne vit que par les tâches qu'elle effectue pour les autres, mais selon des règles qu'elle impose, par ses mots rares, ses coups de gueule, et des actes parfois brusques et intrusifs mais qui sont l'expression de son affection.
Emerence choisit les personnes pour qui elle travaille : "je ne lave pas le linge sale de n'importe qui" (p. 14), dira-t'elle à Magda lors de leur première rencontre, juste après lui avoir fait comprendre qu'elle demandait que quelqu'un se porte caution pour elle avant d'envisager de travailler à son service.
Car si Emerence est, techniquement, une domestique, dans les faits elle est une grande dame, respectant des principes stricts, qui effectue un travail remarquable avec des attitudes de mère autoritaire mais généreuse et aimante...

"C'est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n'y change rien" affiche la quatrième de couverture. Et tout est dit. Emerence prend soin d'elle et de son foyer pendant 20 ans, mais quand vient le tour de Magda de prendre soin d'Emerence, elle échoue.
Par maladresse, parce qu'elle n'a jamais réussi à comprendre la personnalité complexe d'Emerence, trop éloignée de son vécu, de ses préoccupations, de ses priorités, parce qu'elle est prise dans le tourbillon social de sa réussite en tant qu'écrivain... les raisons ne manquent pas, quoiqu'il en soit, au moment où Emerence a besoin d'elle, elle n'est pas capable d'agir de façon adéquate. Et là se noue le drame.

Il est des livres qui sont de douces mélodies mais qui s'effacent rapidement après qu'on en a refermé la dernière page, dont on oublie même le titre et le nom de l'auteur. "La porte" n'est pas de ceux-là. Il est de ceux qu'on garde en mémoire, et dont on recommandera la lecture, au détour d'une conversation...

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23 septembre 2017

Ados et rouge à lèvres

Je n'ai pas reconnu immédiatement ma fille quand elle s'est approchée de la voiture. Le specimen d'ado que j'avais livré au lycée 3 jours plus tôt ne portait pas de rouge à lèvre beige rosé et sa chevelure était attachée, non pas dégoulinante en boucles wavy de part et d'autre d'un bonnet noir.

C'est donc avec un grand sourire stupide que je l'ai regardée monter dans la voiture.

Aliénor : Sérieux, je t'ai reconnue à ta valise. T'as pas trop chaud avec ton bonnet ? (22° de température extérieure estimés au cadran de la voiture, pour info)

Miss Minerve : Tu te moques, n'empêche qu'au moins, je n'ai pas eu froid de toute la semaine avec ça.

Aliénor : Alors j'imagine qu'il te faudra au moins une chapka pour tenir ta tête au chaud cet hiver....

Miss Minerve : Eh ! on n'a pas encore de chauffage à l'internat, et le soir on se gèle.

Silence dans la voiture. On entend distinctement le bruit du clignotant. Aliénor tourne à gauche, et prend la descente le long du ruisseau.

Miss Minerve : Tu n'as rien dit pour le rouge à lèvre.

Aliénor : Non, effectivement.

Miss Minerve : Je pensais que tu allais faire une réflexion.

Aliénor : Ben non.

Silence dans la voiture. Miss Minerve fait une drôle de tête et se tourne vers la fenêtre.

Aliénor : Tu as l'air déçue : tu aurais préféré que je te fasse une réflexion ?

Miss Minerve, boudeuse : Ben oui, j'avais même préparé toute une série d'arguments pour te répondre.

Aliénor : Oh mais qu'à cela ne tienne... (puis, prenant un ton sévère lègèrement surjoué et contredit par un irrépressible sourire) Miss Minerve, c'est quoi ce rouge à lèvres ?

Miss Minerve : Quoi ! je peux bien porter du rouge à lèvre ! vous n'allez pas tout m'interdire ! déjà que vous ne voulez pas que je fasse de la boxe...

Aliénor, l'interrompant : Tu ne vas pas revenir indéfiniment sur cette histoire de boxe ! il est définitivement hors de question que tu en fasses, je ne veux pas que tu te flingues les neurones.

Miss Minerve : Non mais la boxe on s'en fiche, ça faisait juste partie de l'argumentaire. On peut en revenir au rouge à lèvre ?

Aliénor : Ah ok ! excuse-moi. Bon, on reprend.

Miss Minerve : Je voulais aussi te rappeler que j'ai bientôt 18 ans...

Aliénor, l'interrompant, un brin sarcastique : Pas besoin, vu le nombre de fois où tu me le rappelles, je ne risque pas de l'oublier...

Miss Minerve : ... et que toi, à mon âge, tu te maquillais aussi, il me semble ?

Aliénor : Que les yeux. Je n'ai jamais été adepte du rouge à lèvres.

Miss Minerve : Oui, mais tu sais bien que dans notre société c'est de pire en pire, alors c'est normal que je sois plus maquillée que toi au même âge. D'ailleurs ta mère ne se maquillait même pas les yeux à 17 ans, alors que toi oui. Et puis même avec du rouge à lèvres je suis quand même une des moins maquillées du lycée !

Aliénor : Une des MOINS maquillée ? Sérieux ? mais elles mettent quoi de plus, les autres filles ? du fond de teint, c'est ça ?

Miss Minerve : Pas que du fond de teint,: des sous-couches, aussi et plein d'autres trucs...

Aliénor : Des sous-couches. Comme quand on a refait les murs des chambres, c'est ça ?

Miss Minerve : Mamaaaaaaan !!!......

Alors je ne suis franchement pas favorable au rouge à lèvres, mais l'expérience m'a montré que les ados ont parfois besoin qu'on cède sur certains points... il suffit de bien choisir les "pertes" de terrain qu'on est prêt à accepter. J'ai remarqué aussi qu'ils aiment bien qu'on résiste un peu avant de céder, juste pour que la chose demandée prenne une certaine valeur à leur yeux et que son obtention ait un goût de victoire chèrement acquise. Sinon, c'est l'escalade assurée dans les demandes.

Enfin sait-on jamais, le port du rouge à lèvres est suffisamment contraignant pour qu'on puisse raisonnablement espérer qu'il n'en sera déjà plus question d'ici les vacances de Noël...

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14 septembre 2017

On ne se méfie jamais assez des statues - Fouad Laroui : "l'insoumise de la Porte de Flandre"

FL

C'est à Chambéry, il y a 20 ans, que Fouad Laroui a présenté son premier livre, dans le cadre du Festival du premier roman ; il y est revenu hier pour parler de "L'insoumise de la Porte de Flandre", un récit que j'ai envie de présenter comme une variation développée de la citation de Yann Moix,  d'ailleurs mise en épigraphe du douzième chapitre (chapitre 12 : le seul chapitre introduit par une citation, forcément... comprenne qui lira) :

"Le terroriste n'est jamais à la hauteur de ceux qu'il force à analyser son cas"

Au-delà de la dénonciation des extrêmismes religieux - et Fouad Laroui insiste : de TOUS les extrêmismes religieux - c'est à la bêtise humaine qu'il s'en prend. Cette bêtise qu'il qualifie de "crasse" et dont on sent bien qu'elle l'insupporte. Il a pour elle ce mépris typique des gens intelligents et lucides qui n'arrivent pas à accepter qu'on puisse se complaire dans des systèmes de pensée livrés en kit, et évoluer dans un prêt-à-penser exempt de toute remise en question.

Dans "L'insoumise de la Porte de Flandre", Fouad Laroui fait jouer, à travers un trajet dans les rues de Bruxelles, une même partition à trois personnages. Ce trajet, propre à chacun de par ses motivations, le sens qu'il donne à la situation, les aspirations profondes qui colorent sa réalité, va les mener individuellement à un destin commun, un destin dans lequel les actes et choix des uns et des autres s'impactent, s'imbriquent, avec une logique redoutable nourrie de leurs irrationalités respectives, jusqu'au dénouement qui rassemble dans un drame cohérent en apparence ces trajectoires hasardeuses.

J'ai particulièrement aimé la lecture que font les personnages d'une statue située sur le flanc du palais de la Bourse, qu'ils croisent sur leur route et qui les interpelle, chacun à l'aune de ses préoccupations profondes. Ce corps de femme figé dans la pierre, qu'aucun regard ne voit simplement pour ce qu'il est car chacun projette sur lui sa représentation intime symbolique de la Femme, permet, dans les réflexions qu'il leur inspire, de dresser à grands traits une esquisse du portrait psychologique de ces trois personnages.
En parallèle, ces lignes invitent à une réflexion sur le corps de la femme, ce corps sublimé, craint, méprisé, voilé, dévoilé, aimé, objectisé, corps qui, même nié, même caché, encombre, obsède, mais s'impose finalement, dans toute société humaine... Truffaut a fait débuter son film "l'homme qui aimait les femmes" par une phrase qui m'avait profondément marquée en ce qu'elle évoquait cette sorte de pouvoir étrange que possède le corps féminin : "les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie". Dans le même ordre d'idée, mais en allant plus loin que cette simple considération d'ordre esthétique, je dirais que le corps des femmes, la façon dont il est perçu, la façon dont il est traité, la place qui lui est assignée, forment un puissant indicateur de l'équilibre, de la maturité et du degré d'humanité d'une société... 

Le rythme de ce livre est rapide, l'écrit dense, le style piquant, on lit les 130 pages d'une traite.

Il y a dans le style de Fouad Laroui un je ne sais quoi qui rappelle Kundera, dans sa façon de nous présenter des situations où l'absurdité et le dérisoire jouent les chefs d'orchestre, dans sa façon également de ne pas rester dans un style narratif conventionnel. Fouad Laroui est de ces auteurs qui nous entraînent au-delà de l'histoire qu'il nous rapporte, qui nous ouvre des horizons de réflexion et nous donne d'autres pistes de lecture.
Et ça, j'aime.

Il est extrêment rare qu'une simple lecture me donne envie d'aller piocher dans l'oeuvre de l'auteur. Je suis repartie cette fois avec deux autres livres, "l'étrange affaire du pantalon de Dassoukine" et "de l'islamisme - une réfutation personnelle du totalitarisme religieux". A suivre...

dédicace

Posté par _Alienor_ à 12:24 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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12 septembre 2017

Rechute...

Ne fallait-il pas s'y attendre ? j'eus été avisée de supprimer ce blog, purement et simplement !

J'avais vaillamment résisté aux attraits Instagramiens ou Twitteriens, et je venais de supprimer mon compte Facebook lorsque je me suis attaquée au dernier bastion de l'invasion numérique dans ma vie : mon blog. Il aurait sans doute fallu que je le supprime sans réfléchir, mais probablement épuisée par mes précédents combats contre l'hydre 2.0, j'ai eu un moment de faiblesse.

Mon doigt n'a pas réussi à cliquer sur le bouton "supprimer".

Et aujourd'hui, me revoilà.

Pour très peu de temps je l'espère... ^^

Posté par _Alienor_ à 22:13 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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