De Pierre et de Sel...

25 avril 2017

Le droit à l'échec

"Non mais je ne suis pas inquièt(e) : tu vas y arriver, TOI..."

Personne n'imagine le nombre de fois où j'ai pu entendre cette phrase depuis que j'ai repris les études.
"C'est une phrase très positive et encourageante", me direz-vous, "qui montre bien la confiance que tes proches ont en toi".

Mouaich.

Je rame avec les statistiques ?
"Non mais je ne suis pas inquièt(e) : tu vas y arriver, TOI..."

Je manque de temps pour réviser ?
"Non mais je ne suis pas inquièt(e) : tu vas y arriver, TOI..."

Je n'arrive pas à apprendre par coeur ? (déjà, les tables de multiplication, c'est pas acquis...)
"Non mais je ne suis pas inquièt(e) : tu vas y arriver, TOI..."

La sélection à l'entrée du Master 1 que je vise est épouvantablement féroce ?
"Non mais je ne suis pas inquièt(e) : tu vas y arriver, TOI..."

En gros, tout le monde croit en moi, et croit tellement en moi que les difficultés que je rencontre sont systématiquement minimisées, voire niées. Tout le monde me voit déjà diplômée. Avec pour corrolaire de rayer du champ de mes possibles toute éventualité d'échec.

Je ravale mon stress et fais bonne figure, parce que je n'ai, d'autorité, "aucune raison de (m)'inquiéter, voyons !"

Vous avez déjà essayé de réussir, vous, quand l'échec est tout sauf une option envisageable ?

DSC00969
(esprit Titanic...^^)

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23 avril 2017

Histoires de dentifrice et autres allergies

Avec l'âge, Aliénor s'est mise à développer des sensibilités diverses et variées, qui lui compliquent l'existence.

Outre sa vieille sensibilité aux odeurs, qui l'empêche de rester dans certaines ambiances (les odeurs de cuisine et de tabac froid l'indisposant particulièrement, au même titre que l'odeur qui se dégage des rayons produits ménager ou du rayon vêtements de certains magasins), elle a développé une sensibilité :
- aux formaldéhydes (sinusite allergique garantie en cas de grosse exposition : à la pollution, aux odeurs de produits chimiques, aux vapeurs de friture, même...) ;
- à certains conservateurs alimentaires, aux graisses cuites, aux graisses cheap, qui bloquent sa digestion ;
- au nickel ;
- à l'eau chlorée au-delà d'un certain temps de trempage ;
- à certains textiles synthétiques (la condamnant à porter du coton, de la soie et du cachemire ^^), et aux élastiques s'ils dépassent de leur enveloppe protectrice ;
- aux semelles intérieures de chaussure quand elles sont en plastique ;
- à certaines crèmes... (liste malheureusement non exhaustive)

... et pour compléter agréablement cette liste, depuis quelques mois, Aliénor ne supporte plus le dentifrice, qui lui sèche la bouche. En journée le problème est supportable, la production de salive étant suffisante pour limiter les désagréments, mais les nuits sont devenues compliquées, interrompues par des soifs intempestives (qui, rajoutées à ses insomnies récurrentes, rendent le sommeil d'Aliénor particulièrement haché).

Elle a essayé plusieurs marques (certaines sont moins pires que d'autres, dirons-nous), essayé d'analyser les listes des composants (oui, alors je sais que c'est écrit en tout petit et sur la boîte qu'on met directement à la poubelle, mais allez jeter un oeil à la composition de votre tube de dentifrice, vous verrez à quel point c'est flippant, on trouve même dans certains du parabène), sans réussir à comprendre quelle substance lui posait problème (il y en a peut-être d'ailleurs plusieurs...).

L'autre jour, elle a franchi le cap et acheté un tube de dentifrice à l'argile...

dentifrice argile
  Dentifrice à l'argile et la propolis - CATTIER - post non sponsorisé, juste convaincu

Bon. Alors pour être honnête, au niveau du goût, ce n'est pas ce qu'on a connu de mieux, mais avec l'habitude, il n'est pas si désagréable.
Et ce dentifrice rend les dents particulièrement douces, ce qui est extrêmement agréable.

Mais surtout, surtout, surtout...: 
plus de bouche sèche la nuit !!!

(et par voie deconséquence, plus de verre d'eau renversé par maladresse  ^^)

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22 avril 2017

Projet 52 - végétal

Joli thème de saison, puisqu'en cette période le paysage se colore chaque jour davantage de végétal.

J'ai choisi cette semaine le centre de table que nous avions confectionné, Miss Minerve et moi, pour le déjeûner de Pâques. J'ai été félicitée pour l'insertion d'un pissenlit en graines, et tous les invités ont su résister à la tentation de souffler dessus.

végétal

Et oui, vous avez bien vu du muguet. Toutes les jonquilles étant passées, nous nous sommes rabattues sur le lilas, le muguet, et quelques fleurs des champs.

Vous noterez la qualité du cliché, et comprendrez le peu de plaisir que je prends désormais à faire des photos (non, le chargeur de mon APN , n'a pas reparu).

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14 avril 2017

Projet 52 - Tir groupé !

Inutile de vous jouer mon sempiternel couplet sur le temps qui passe si vite blablabla, vous le savez maintenant, je suis à la ramasse de manière chronique.
Il se trouve cependant que cette fois j'ai une excuse d'ordre technique : le chargeur de mon APN a mystérieusement disparu. Introuvable. Volatilisé.
Je tente quelques photos avec le téléphone portable, mais je n'arrive pas à l'avoir bien en main, c'est donc une séance de rattrapage de qualité médiocre que je vais vous faire subir.

De qualité médiocre et incomplète de surcroît : je n'ai pas réussi à illustrer tous les thèmes.

hivernal

Route hivernale, par un matin ensoleillé.

par terre

En bas des escaliers, un pissenlit s'est installé... pas eu le coeur de l'arracher !

ça vole

J'ai vainement essayé de photographier ses congénères hier après-midi.
En vain : ils ne pensaient qu'à voleter...
Celui-ci m'a fait la surprise de se poser hier soir sur le mur de la salle d'eau.

ville

Réveil en ville.
Matin lyonnais...

métal

Aliénor habite désormais dans un cul de sac, comme le précise ce panneau en métal installé en face de l'entrée de sa maison (merci au bip arrière qui m'a épargné à plusieurs reprises de douloureuses embrassades voiture/panneau...

printanier

Printanier, le lila d'Aliénor, et particulièrement fleuri cette année.

jaune

Ok, ok, on sent un peu le manque d'inspiration (et surtout de matière à s'inspirer)...
Petits soleils sur ciel d'azur...

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13 avril 2017

La vue qui baisse...

Voilà des mois qu'Aliénor se désole : elle ne voit plus rien, elle vit dans le flou, sa vue a dramatiquement baissé.
Condamnée au premier rang en amphi, et encore, sans certitude de réussir à déchiffrer tous les caractères même en plissant les yeux.
Condamnée au GPS dans les villes inconnues, pour cause de grande difficulté à lire les panneaux.
Pour elle qui a toujours eu une vue excellente, de 11 dizièmes il y a encore peu, quel drame.

"Je ne vois plus rien", a-t'elle expliqué à tout le monde, avec un ton dramatique affectant un détachement de bon ton mais masquant mal sa détresse intérieure "je vis dans le flou, c'est épouvantable. Je sais, c'est l'âge, tout fout le camp, je m'essouffle dans les escaliers, mes articulations me font souffrir, mes capacités cognitives sont en chute libre, c'est l'inexorable début de la décrépitude..."

Elle sort aujourd'hui de son premier rendez-vous chez l'ophtalmologue.

On a envoyé du vent et des flashs de lumière verte dans les yeux d'Aliénor, avant de lui faire lire des lignes minuscules de l'oeil droit et de l'oeil gauche, et lui demander de dire laquelle des barres verticales qu'elle voyait était la plus proche et celle qui était la plus éloignée d'elle, et autres petits tests très amusants et distrayants.

Au fur et à mesure des corrections proposées, la vision d'Aliénor se précisait, les lettres se paraient de contours de plus en plus précis, Aliénor s'exclamait, Aliénor renaissait... 
Prête à tout pour retrouver son confort visuel, quitte à porter ces verres lourds et épais qui imprimeraient une trace indélébile sur les ailes de son nez, elle était résolument sereine au moment de l'annonce du diagnostic :

"C'est effectivement une myopie. Mais une toute petite myopie. Une myopie minuscule. Ne portez vos lunettes que le moins souvent possible, pour la conduite et quand vous devez lire au tableau ce sera largement suffisant. On se revoit dans trois ans".

 

myopie

Bon.
Bon.
Disons que j'ai PEUT-ÊTRE été UN PEU pessimiste.
J'ai PEUT-ÊTRE vu les choses UN PEU plus sombres qu'elles ne l'étaient réellement.
Mais alors du coup :
mes capacités cognitives ne sont peut-être pas aussi dramatiquement atteintes que je ne le pensais ?
Je retourne à mes révisions, la fleur au fusil...

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09 avril 2017

Une si douloureuse histoire d'amour...

On imagine toujours qu'elles n'existent que dans les romans ou les films, ces histoires d'amour qui nous font perdre la tête, passer des heures à essayer d'apprivoiser cet Autre qui nous attire irrésistiblement mais nous fait baver des ronds de chapeau, en nous faisant vivre des humiliations répétées, en malmenant notre ego... On se croit protégé de ces situations éprouvantes, de ce manège infernal d'émotions violentes qui nous fait passer dans la minute du bonheur le plus fou, au moindre signe de connivence, au désespoir le plus profond, quand s'installe à nouveau l'incompréhension, vécue comme un douloureux rejet.

Aliénor s'était toujours cru à l'abri, jusqu'à ce matin de novembre, il y a trois ans, où tout a basculé.

Voilà donc trois ans qu'Aliénor vit une intense histoire d'amour-haine, une histoire qui a réussi à entamer sa confiance en elle, qui lui a causé des nuits blanches, des moments terribles de rage et d'accablement. Et bien qu'elle n'ait jamais réussi à ébaucher les moindres prémisses de cette relation sereine d'amour et de confiance (d'intervalle de confiance ? ^^) dont elle rêve tant, elle s'obstine, elle s'acharne dans cette quête improbable mais dont elle n'envisage pas de se passer (en tout cas pas avant au moins deux ans).

Car malgré le manque flagrant de réciprocité, elle les aime, les statistiques, Aliénor.
Elle sent cette vérité essentielle du chiffre derrière tout ce fatras ésotérique qu'elle n'arrive pas à assimiler. Elle le ressent, ce potentiel merveilleux de la loi du probable, cette poétique de la significativité, cette subtilité du "si H0 est vraie"...

Mais rien à faire, les statistiques ont un coeur de pierre et refusent de s'ouvrir pleinement à leur groupie énamourée... hautaines, dédaigneuses, elles veillent à maintenir cette part de mystère, d'inaccessibilité qui les rendent encore plus attirantes, encore plus désirables...

Mais aujourd'hui, Aliénor est heureuse : elle a réussi à briser une résistance.
Une première victoire, en somme, après des dizaines d'heures de combat. Oh, une toute petite victoire, au regard de toutes celles qu'il va lui falloir remporter encore avant d'instaurer une relation harmonieuse entre les statistiques et elle, mais une victoire importante à ses yeux.
Aujourd'hui, c'est officiel, Aliénor est devenue incollable dans l'analyse des boîtes à moustache (elle maîtrise jusqu'à l'IQR, c'est dire).

Demain, elle attaque l'ANOVA.

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06 avril 2017

* du potentiel et de ce qu'on en fait *

"Quoi mon potentiel !
Vous m'ennuyez, tous, avec mon potentiel.
J'en fais ce que je veux, de mon potentiel.
En suivant votre logique, si je mesurais 2 mètres,
je serais obligée de jouer au basket ! "

(bougez pas, je reviens...)

Posté par _Alienor_ à 17:56 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
20 février 2017

17 ans : les fêtes d'anniversaire avec de l'acool...

Miss Minerve a mis le sujet sur le tapis tout à l'heure alors que nous revenions de faire les courses : "Je suis invitée à l'anniversaire de CopineDeClasse. Mais je te préviens, il y aura de l'alcool, et pas d'adulte. J'imagine que je lui réponds que je ne viendrai pas ?"

Il nous arrive d'autoriser quelques soirées, mais la règle est stricte : "sous la surveillance d'un adulte et sans alcool".

J'ai demandé des précisions. Les parents seront absents, ce sont eux qui auront acheté l'alcool. Téquila, Malibu et bières. J'ai manqué de m'étrangler.

Miss Minerve me dit qu'elle est la seule de son entourage à ne pas être autorisée à assister à ce type de soirées.

Je me suis exclamée que j'étais vraiment stupéfaite, et que j'avais un peu l'impression de vivre sur une autre planète, ce à quoi elle a répondu, avec un gentil sourire : "Ben oui, un peu : on vit sur une autre planète, à la maison. Mais c'est ça qui est cool. Enfin, sauf pour les soirées, parce que je dis tout le temps non, du coup".

verres

Posté par _Alienor_ à 23:07 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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