De Pierre et de Sel...

17 juin 2019

"Les arbres en hiver", de Patrick Eris

C'est simple : j'ai beaucoup lu de succès commerciaux, de romans rendus incontournables par le battage médiatique plus que par leurs qualités propres, de livres encensés de partout dont je n'ai pas toujours compris l'engouement affiché. Et entre les titres phares masquant les autres publications et le décalage grandissant entre les critiques de la toile et mes ressentis personnels, j'en avais perdu le goût des romans.

Alors, j'ai décidé de lire autre chose. De découvrir ce qui s'édite en dehors des grosses maisons d'édition.

Et là, dès le premier essai, j'ai eu une surprise de taille !

Patrick Eris Les arbres en hiver

Ce roman date de 2016.

Publié au éditions Wartberg, collection zones noires, il raconte l'enquête d'un gendarme dans un patelin perdu du Jura, sur une série de meurtres qui n'intéressent personne, puisque la société toute entière a les yeux rivés sur une émission de téléralité, ses buzz, ses rebondissements, et le résultat des paris qui sont proposés aux spectateurs, une émission dont le succès est tel qu'elle finit par s'insérer au détour de toutes les discussions, plus sûrement que les questions fondamentales de la pluie et du beau temps, une émission qui revient de manière cyclique tout au long du roman, comme le raclement dérangeant d'une société malade de sa superficialité et dont l'auteur fait dire à un de ses personnages, à la page 31 :

"Peut-être arrivons-nous à l'aboutissement ultime de la société du spectacle de Bourdieu, lorsque le spectacle devient plus important que la réalité".

Car c'est un des aspects qui m'a séduite dans ce roman : le côté légèrement dystopique de la société dans laquelle l'intrigue se déroule. Oh, pas une dystopie cauchemardesque à la "1984" ou à la "Fahrenheit 451", non, une dystopie légère, ou plutôt, un glissement dystopique possible de notre société actuelle, ce qui le rend à la fois crédible et subtilement effrayant.

C'est dans ce contexte qu'une toute petite équipe de gendarmes sans grand soutien extérieur et sans grands moyens techniques va s'acharner à résoudre, jusqu'au bout de ses forces et dans l'indifférence générale, une affaire qui les promène d'impasse en impasse alors que s'accumulent les cadavres... entre les échos du jeu télévisés et les Variations Goldberg, de Bach, entre la superficialité des divertissements faciles et la complexité de l'oeuvre quasi mathématique d'un génie de la musique. Entres deux mondes, le social chaotique, devenu prédominant et le naturel harmonieux, comme une ombre en arrière plan.

C'est le responsable de la gendarmerie qui raconte cette enquête. Un personnage un peu à part, qui entretient depuis un incident survenu dans son enfance un lien très étroit avec la forêt, un lien quasi mystique, qui en fait un être à part. 

"Il ne fait pas bon être 'différent', encore moins d'une 'différence' impossible à identifier. Cela suffit largement pour vous mettre au ban de la société. A la moindre occasion, la normalité se venge, et on sait de quelles extrémités elle est capable". (p. 12)

"Je détestai vite la fréquentation obligatoire de mes contemporains, ces fantômes tous semblables, esclaves d'un écran de 5 cm sur 5 cm qu'ils ne quittaient jamais, qui semblait dicter chacun de leur pas. Par moments, las de ma solitude, je tentai des rapprochements, mais la nature des échanges humains me semblait absurde, leurs discussions dépourvues du moindre charme en plus de se baser sur des références que je n'avais pas" p. 38.

S'il fait tout pour paraître normal et intégré, le vernis de sa normalité reste fragile...

Une véritable bonne surprise et un vrai coup de coeur pour ce roman qui m'a offert ce que j'exige désormais de tout bon roman : qu'il m'emmène au-delà de l'histoire qu'il raconte, et me donne matière à réfléchir.

Enfin, "Les arbres en hiver" s'inscrit dans la veine de ces séries télévisuelles mettant en scène des personnages avec un lien intime à la forêt : les excellentes séries suédoise "Jordskott, la forêt des disparus" de Henrik Björn (2015), et française "Zone blanche" de Mathieu Misoffe (2017), ou encore "La forêt" de Delinda Jacobs (2017).

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04 juin 2019

Méthode de relecture d'un texte

Outre qu'il est toujours plus difficile de corriger un texte qu'on a écrit soi-même, même après deux ou trois relectures, je me suis rendu compte incidemment d'un truc que j'ai finalement adopté :

changer la police d'un texte
aide à en voir des erreurs
qui ont échappé à la première relecture !

J'ignore si ça fonctionne pour tout le monde, mais avec moi c'est le cas.
Donc je copie le texte à relire sur une page de traitement de texte, et je procède aux relectures sous des polices différentes (l'intérêt étant qu'elles soient réellement différentes ; passer de Cambria à Calibri n'est pas le plus efficace).

Si vous avez d'autres techniques, ça m'intéresse...

Guy de Larigaudie citation

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23 mai 2019

Fugit, ma mémoire, irreparabile

J'ai eu la chance, plus jeune, de posséder une mémoire assez hors norme, qui me dispensait des apprentissages "par coeur" (de fait, je n'ai jamais rien réussi à apprendre par coeur, et ne sais toujours pas mes tables de multiplication, mais c'est une autre histoire) : je fonctionnais sur le modèle :

VENI VIDI MEMORI *

Ce n'est plus aussi efficace aujourd'hui.
Disons que c'est devenu légèrement approximatif, genre "j'ai lu un article - mais je ne sais plus où - sur le sujet, qui expliquait qu'une molécule - mais je ne sais plus laquelle - avait un impact notable de l'ordre de je sais plus mais ça m'avait paru énorme... "
Pas très percutant, tout ça, hein !

Du coup, j'ai choisi d'utiliser une prothèse : un carnet.

Je l'ai en permanence dans mon sac à main, et il me sert aussi bien à prendre des notes lors des conférences qu'à noter les idées qui me viennent à l'esprit, les citations qui me plaisent ou encore les informations qui m'intéressent et que je veux retenir ; et lorsque j'ai un moment à perdre (genre salle d'attente du toubib par exemple), je sors mon carnet, et je le relis... ce qui me permet de mémoriser ces connaissances que je veux retenir, quand une première lecture ne suffit plus à le faire...
Evidemment, c'était plus rapide et moins fastidieux avant, mais le résultat est là, et à une étape près, je retrouve ma cervelle de 20 ans :

VENI VIDI RELI MEMORI *

Je n'allais quand même pas rester les bras croisés
en regardant ma mémoire décliner !

On m'a suggéré de fusionner ce carnet avec mon agenda, en une sorte de bullet journal... j'hésite ; si quelqu'un a déjà testé le Bujo, RETEX apprécié...

* je sais, je sais, mais c'était pour allier la rime à la compréhension immédiate... désolée pour les puristes... :)

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19 mai 2019

Cette drôle d'élégance

Aliénor est élégante.
Très élégante, même.
Si.
On le lui dit régulièrement.

animation musée

C'est vrai que j'ai revu mon look il y a quelques temps, après que plusieurs personnes m'aient prises pour une Soeur.

Maintenant, on me prend pour une actrice.

J'imagine que ça signifie que mon relooking est complètement raté.

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13 mai 2019

Week-end à Milan

3 petites journées dans cette ville que Monsieur avait visitée lors d'un déplacement de travail, et qu'il tenait à me faire découvrir. A trois heures de route seulement de la maison, c'est presque scandaleux d'avoir attendu aussi longtemps avant d'y aller, mais il est vrai que question Italie, on a tendance à se contenter du val de Suze, Turin, ou du val d'Aoste.

Comme le col était ouvert, nous sommes passés par le Mont Cenis.
Glacial à l'aller :

Mont Cenis aller

nous y avons fait une pause au retour, malgré le vent polaire :

Mont Cenis retour

marmotte

Milan, donc.

Un temps magnifique. Une ville au-delà de ce que j'imaginais. Je pourrais en parler pendant des pages, jusqu'à vous lasser.

Quelques mots en bref : nous avons séjourné, par le plus grand des hasards, pendant le rassemblement annuel des Troupes alpines. Nous avons ainsi croisé un nombre incroyable de porteurs de chapeaux kakis à plume. Ambiance garantie dans le parc Sempione...

rassemblement troupes alpines

Nous avons largement profité des cafés en terrasse - même si je ne maîtrise toujours pas la nomenclature officielle des tailles et concentrations de café.

café

En val d'Aoste ou de Suze, quasiment tout le monde parle français, du coup je n'avais jusque là jamais eu l'occasion d'utiliser mon kit de survie de la française en terres italiennes : "buongiorno", "per favore", "grazie", "arrivederci" et surtout "do you speak english ou french ?".
Là, j'ai enfin pu pratiquer.

Sauf que chaque fois que j'ai prononcé un mot en italien, on m'a systématiquement répondu en français...

Bref.

Milan est une ville magnifique qui regorge de détails d'architecture incroyables...

détails déco

Milan

Je vous en reparlerai sans doute...

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06 mai 2019

Pourquoi faire simple...

... ce matin, j'ai fait une découverte sur moi, sur mon fonctionnement, qui m'a laissée sur le carreau, parce que cette découverte s'est faite de manière brutale, et qu'elle était particulièrement significative - un cas d'école !

On m'a toujours dit que j'étais "compliquée", mais cela ne voulait rien dire pour moi, rien de concret en tout cas, et je trouvais même au contraire que c'était le reste du monde qui était compliqué.

Jusqu'à il y a quelques mimutes, où j'ai failli tomber de ma chaise lorsque j'ai COMPRIS.

Un truc très simple. Limite bête.

Que je n'avais pourtant jamais soupçonné.

Je suis INCAPABLE d'aborder un problème de manière simple.
Je ne COMPRENDS PAS la simplicité.
Ma cervelle ne PREND PAS EN CHARGE la simplicité qu'elle évacue sans la regarder sous le prétexte "TROP SIMPLE POUR ETRE POSSIBLE".
Ce qui fait que je passe mon temps à chercher des réponses complexes à des questions qui n'en demandent qu'une simple.
Voire simpliste.
Si simpliste qu'il me paraît absurde au possible de poser une question pour avoir ce type de réponse.
Comme si pour moi tout ce qui était trop simple n'avait aucune raison d'être.

Je suis conçue pour la complexité.
Incapable d'envisager la simplicité.

C'est effectivement moi qui suis "compliquée", pas le reste du monde :  voyant la complexité là où il n'y a pas lieu de l'évoquer, je complique les choses que tout le monde appréhende sous leur forme simple...

Je viens de trouver une équation complexe pour résoudre une suite logique qu'un enfant de 5 ans aurait correctement résolue en moins de deux minutes.

Je vois la complexité immédiatement, tout comme je vois dans un tableau une somme de détails bien avant de réussir à en comprendre le thème.

Descendre au niveau du détail, c'est sombrer dans la complexité. Les gens procèdent en général dans cet ordre : approche du problème de manière simple, puis complexification progressive avec prise en compte d'aspects de plus en plus fins jusqu'à résolution.
Pas moi.
Moi je suis en permanence en mode "approche complexe".

Je vis au niveau du détail.

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30 avril 2019

Ma vie, mon blog, mon combat (ça c'est un titre qui en jette ^^)

Nous avions un temps pratiqué un sport de combat ensemble.
Comme nos filles sont devenues amies, nous sommes amenées à nous croiser d'un temps à l'autre.

Notre dernière rencontre s'est avérée une hilarante ode à la décrépitude des articulations, un festival de tamalou agrémenté d'anecdotes aussi ridicules que désopilantes.
Peu après, j'ai découvert, sous le billet contant mes éphémères aventures de festivalière, le commentaire déposé par Alphonsine, une idée a alors germé dans ma petite caboche...

... vous découvrez donc aujourd'hui en avant-première un élément de ma future bannière, et la nouvelle orientation, militante, de ce blog, fondée sur le constat que j'avais fait quand j'ai eu 50 ans... et de petites révoltes antérieures...

A BAS la ridicule dictature du jeunisme outrancier !

MILITONS pour instaurer une image POSITIVE des VIEUX !

 

 

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25 avril 2019

Aliénor en festival

Parmi les choses vécues pendant ma pause, il y a eu mon premier festival.

Le premier, oui.

Il faut dire que les lieux trop peuplés où il faut rester debout dans les intempéries, et défendre sa place contre les bousculades, entre deux éclaboussures de bière et brûlures de cigarette, ça n'a jamais été mon trip. J'ai une nette préférence pour les concerts dans des salles chauffées, où chacun a sa place assise, où je peux me mettre devant parce que j'aime observer les musiciens quand ils jouent plutôt que la tête du type qui me bouche la vue et qui va me distraire en consultant son smartphone, en gigotant, ou en papotant avec son voisin.
J'aime que rien ne s'interpose entre le groupe de musiciens et moi.

Mais comme on ne vit qu'une fois, que j'ai entamé le compte à rebours et qu'il est des lieux où il vaut mieux se rendre sans déambulateur (quoique, depuis que je lis "Les Vieux Fourneaux", je me sens l'âme d'une Fanfan - d'ailleurs, j'ai commencé mes cours de programmation Python, comme quoi faut jamais baisser les bras), je disais donc, comme on ne vit qu'une fois, et qu'il vaut mieux une mauvaise expérience vécue qu'un défaut d'expérience, j'ai accepté de tenter l'aventure...

C'est ainsi qu'un soir de mars dernier,
j'ai testé le festival des Nuits de la Roulotte...

BD festival

Pour comprendre l'allusion au dress-code, voir ICI...

Sinon, en bilan : trop de monde, trop de bruit, trop de promiscuité, trop d'odeurs, trop de coups de projecteurs tournant dans les yeux, mais sandwich aux diots et vin chaud délicieux, bénévoles adorables (et très patients avec les vieux qui comprennent rien au principe des jetons ^^), et surtout, excellent moment musical...

J'ai gardé le gobelet en souvenir...

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22 avril 2019

22 v'là Thilliez...

Vous l'avez sans doute relevé :
22 est le chiffre phare dans les romans de Thilliez.

D'ailleurs dès le prologue de "Luca", accessible en ligne ici, il est déjà question d'une chambre 22...

Vous devez vous en souvenir :
un cygne
est en couveture de "Pandémia",
est un logo dans "Puzzle",
est (presque) le nom d'un congrès dans "Le syndrome [E]"
(SIGN, en fait),
apparait sous forme de tatouage dans "Sharko",
se retrouve dessiné sur les murs d'une pièce dans "le Manuscrit inachevé"...

Vous le savez peut-être :
Annecy est la ville des cygnes (et Thilliez est né à Annecy)

...

FAN ART ce 22 avril

Thilliez

(les fans de Thilliez comprendront)

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15 avril 2019

Un inconvénient de la pensée en arborescence

S'il faut résoudre cette petite énigme :

calc

les personnes ayant une "pensée en arborescence" seraient favorisées, et trouveraient quasi immédiatement la solution, car ce type de pensée amène à l'esprit non seulement les solutions logiques, basiques, mais aussi des solutions potentielles "logico-divergentes", moins classiques, qui prennent en compte d'autres aspects.

La fameuse "pensée en arborescence" n'est pas l'apanage des gosses précoces et autres adultes à QI élevé, c'est une particularité de fonctionnement qui fait que la personne va faire plus facilement des liens, plus ou moins nombreux, plus ou moins pertinents... je me demande si elle ne relèverait pas des mêmes mécanismes que la synesthésie, je vous en parlerai peut-être à l'occasion.

Ce type de pensée, qui permet de briller dans les soirées entre potes au moment des jeux d'énigmes, s'avère un handicap au quotidien.

Parce que en situation de résolution de problème normal, non logico-divergent, la "pensée en arborescence" ne se met pas en veille, et toutes les suppositions de réponse proposées forment un vrac dans lequel il faut fouiner pour trouver la réponse attendue.
Or dans certains problèmes complexes, nécessitant la prise en compte de nombreux paramètres différents, le distingo classique/divergent n'est pas toujours évident, et toute cette masse de pistes supplémentaires constitue de véritables parasites... le stress aidant, il peut devenir très difficile de faire le tri, au point de finir par répondre... à côté de la plaque.

Le seul moyen que j'ai trouvé pour échapper à cet écueil est d'atteindre un niveau de connaissances très au-dessus du niveau demandé, ce qui n'est pas toujours facile à mettre en place.

Des techniques à me proposer pour faire le tri des informations pertinentes ?

... et sinon : vous avez compris l'astuce de l'énigme ?
je la trouve insatisfaisante sur un point, vous voyez lequel ?

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11 avril 2019

Ces ratages qui n'en sont pas

Je ne veux pas vous parler de la technique qui consiste à maquiller un ratage en réussite en tordant la réalité pour en atténuer le négatif, soit en modifiant a posteriori ses idées de départ, soit en attirant l'attention sur des détails annexes auxquels on va donner plus d'importance pour minimiser le reste, mais bien de ces résultats qui sont de véritables ratages par rapport au but initial, mais s'avèrent, d'un point de vue dégagé de cet objectif de départ, ou du point de vue de l'observateur, de belles réussites.

Le plus bel exemple que j'ai trouvé est l'auto-destruction programmée du tableau "la fille au ballon" par son auteur, Banksi.
Au cours d'une vente aux enchères, juste après que le tableau a été attribué, un mécanisme télécommandé intégré dans le cadre a été déclenché, transformant le tableau en bandelettes... sauf que le mécanisme s'est grippé, et que le tableau est resté partiellement intact. Un coup de génie involontaire :

tab

Rebaptisé "Love is in the bin" le tableau aurait vu sa cote augmenter...

Bon, perso, je ne l'aurais pas renommé ainsi, j'aurais préféré un truc plus romantique, genre "seul reste l'amour", ou au pire "l'amour qui s'envole reste entier" ^^'

 

Dissolved Girl - Massive Attack -- puisque Banksi............

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08 avril 2019

"Le Manuscrit inachevé" de Thilliez : l'enquête continue

*** ACCES INTERDIT***

*** A TOUTE PERSONNE N'AYANT PAS LU LE LIVRE ***

*** INTRIGUE DEVOILEE ***

*** VENEZ PAS RÂLER APRES ! ***

 

Bien.

Maintenant que nous sommes entre initiés, nous pouvons commencer.

Je vous avais volontairement laissés au printemps dernier sur des considérations générales (et nombrilistes) de ma lecture du "Manuscrit inachevé"... en essayant de ne pas trop en dire tout de même.
Mais maintenant que nous sommes à moins d'un mois de la parution du prochain roman de Thilliez, je vais m'autoriser à aller un peu plus loin...

Une mise en abîme vertigineuse, des similitudes à foison,
de la symétrie, des indices vrais et des indices faux :

 

MI 1MI 2MI 3
(le premier bloc n'est pas sérieux, mais les suivants si !)

Outre que je n'ai pas pu m'empêcher de m'amuser à prolonger la mise en abîme de façon à inclure l'auteur, Franck Thilliez, dans le schéma, (j'ai même dû m'impliquer personnellement pour rajouter un niveau supplémentaire ^^),  et malgré la recherche effrénée (toujours d'actualité) d'une symétrie qui n'existe peut-être même pas, je vous livre mes questions en suspens...  si vous avez des réponses, ou des pistes de réponse, je vous en serai infiniment reconnaissante.
Ou pas, parce que je crois que j'aime l'idée d'avoir encore quelque chose à découvrir dans ces pages.

- quid de "Mirraure" écrit avec deux "R" au lieu d'un, page 127, orthographe signalée conforme à celle voulue par Traskman ?
Indice ? Misdirection ?

- les palindromes : juste pour souligner le jeu de double/miroir ? je les avais assimilés à une misdirection, y-aurait-il quand même une signification cachée ?

- le premier et le deuxième "Manuscrit inachevé" font écho en symétrie aux troisième et quatrième, mais pas de manière parfaite... il faudrait pour cela un petit quelque chose de plus du côté de la famille Traskman... que le manuscrit soit l'aveu de meurtres, comme celui d'Arpageon. Mais...
Indice ? fausse piste ?

- d'autant que Caleb est également le nom d'un tueur itinérant (comme le Voyageur du roman), dans "L'évangile selon satan" de Patrick Graham. Auquel cas, la personnalité de Caleb Traskman prendrait une toute autre dimension.
Indice ? Coïncidence ? Hommage ?

- dans le prologue, on peut lire : "(...) tous les éléments s'exhibaient devant nos yeux dès les premiers mots (et les derniers)". C'est très évident pour le roman de Thilliez (voir tableau ci-dessous, incipit et explicit en noir) , beaucoup moins pour celui de Traskam, sauf si l'épigraphe compte comme "les premiers mots" (cf partie en bleu).
Donc le nom "MammaM", et éventuellement les mots qui précèdent, où il est question de miroir sans éclat de l'existence de Vic Altran et du descriptif du visage de son chien MammaM dont le côté droit est le double inversé de son côté gauche : simple allusion aux jumeaux, doubles inversés l'un de l'autre ?
Ou alors : Caleb pouvant signifier "chien", auquel cas, la fin de son roman se terminant sur "MammaM" prendrait une toute autre dimension, mais :
Indice ? Coïncidence ?
"Des coïncidences ! Les coïncidences ne... font pas les coupables." (p. 250)

MI 4

- la fin du roman ne raconte pas l'après-publication, or après la publication du "Manuscrit oublié" de Arpageon par Judith Moderoi, on découvre qu'elle est accusée des meurtres de Arpageon : est-il possible que les meurtres de Traskman puissent être dévoilées dans un futur post-roman non compris dans le roman ? est-il possible que le fils ait écrit le roman, confessant ses propres crimes et les mettant de cette façon sur le dos de son père ? ou que Caleb ait effectivement été un tueur ? ou sa femme le réel écrivain ? ou... ? ou... ? ou... ?
"Comme si cette non-fin faisait elle-même partie de l'intrigue, du 'mystère Caleb Traskman' " (p. 10)

 ... et celle-là, j'ai l'impression que je ne saurai pas la résoudre ^^

Un livre puissamment addictif,
une formidable obsession :

Mes points communs avec Vic Altran ne s'arrêtent pas à ceux relevés dans mon précédent billet :
"Il y avait aussi, posé sur une table, un jeu d'échecs, avec l'Immortelle de Kasparov en cours, que les obsessions de Vic poussaient à rejouer sans fin, coup après coup, à la recherche des secrets de Jeanson" (p. 203)

Ce qui devient chez moi :
"Il y avait aussi, posé sur une table, un bloc note et un crayon, avec le 'Manuscrit inachevé' de Thilliez en cours, que les obsessions de Aliénor poussaient à relire sans fin, page après page, à la recherche des secrets de l'auteur"...

D'un coup, je pense au numéro d'écrou de Jeanson : "27654". Il me rappelle vaguement quelque chose... oui ! le numéro de la tenue de prisonnier inscrit sur une des pièces de "Puzzle". Je file vérifier... mais non, fausse alerte, le numéro, incomplet, commence par "7643" (tête du chapitre 63, p.463 de l'édition Poche)... j'ai été induite en erreur par les chiffres décroissants à partir du 7...
"Ils trouveront des points communs là où ils voudront en trouver, même sur des éléments très différents" (p.134)

"Quand on est persuadé de quelque chose, toutes les coïncidences auxquelles on ne prêterait même pas attention d'ordinaire se transforment en indices. En éléments qui ressemblent à des messages qui nous sont adressés. Alors que ça ne reste que des coïncidences..." (p.100)

D'autant que Thilliez ne se prive pas de nous brouiller l'esprit en multipliant les symétries, les histoires de double, de chiffres qui reviennent, des misdirections de toute sorte...  quand on est comme moi obsédée par les détails, c'est rapidement impossible à maîtriser : encore un point commun avec Vic Altran :
"Il observa les lattes vertes du banc, en face de lui. Douze lattes parallèles, espacées de cinq centimètres, peut-être six. Etait-ce le cas pour le banc de droite, et l'autre, juste derrière ? Il se resaisit (...) quand il regagna se voiture, il connaissait le nombre de lattes des autres bancs" (p.101-102)

A cette lecture, toute personne avisée devrait me conseiller d'éviter le prochain roman, mais je ne suis pas inquiète : c'est une aventure du couple Sharko/Henebelle, pas de danger avec eux, c'est du bon polar bien ficelé mais qui n'encourage pas les obsessions des lecteurs... c'est en 2020 qu'il faudra s'inquiéter, quand sortira le "casse-tête à tiroirs" suivant...... ;)

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