De Pierre et de Sel...

15 avril 2019

Un inconvénient de la pensée en arborescence

S'il faut résoudre cette petite énigme :

calc

les personnes ayant une "pensée en arborescence" seraient favorisées, et trouveraient quasi immédiatement la solution, car ce type de pensée amène à l'esprit non seulement les solutions logiques, basiques, mais aussi des solutions potentielles "logico-divergentes", moins classiques, qui prennent en compte d'autres aspects.

La fameuse "pensée en arborescence" n'est pas l'apanage des gosses précoces et autres adultes à QI élevé, c'est une particularité de fonctionnement qui fait que la personne va faire plus facilement des liens, plus ou moins nombreux, plus ou moins pertinents... je me demande si elle ne relèverait pas des mêmes mécanismes que la synesthésie, je vous en parlerai peut-être à l'occasion.

Ce type de pensée, qui permet de briller dans les soirées entre potes au moment des jeux d'énigmes, s'avère un handicap au quotidien.

Parce que en situation de résolution de problème normal, non logico-divergent, la "pensée en arborescence" ne se met pas en veille, et toutes les suppositions de réponse proposées forment un vrac dans lequel il faut fouiner pour trouver la réponse attendue.
Or dans certains problèmes complexes, nécessitant la prise en compte de nombreux paramètres différents, le distingo classique/divergent n'est pas toujours évident, et toute cette masse de pistes supplémentaires constitue de véritables parasites... le stress aidant, il peut devenir très difficile de faire le tri, au point de finir par répondre... à côté de la plaque.

Le seul moyen que j'ai trouvé pour échapper à cet écueil est d'atteindre un niveau de connaissances très au-dessus du niveau demandé, ce qui n'est pas toujours facile à mettre en place.

Des techniques à me proposer pour faire le tri des informations pertinentes ?

... et sinon : vous avez compris l'astuce de l'énigme ?
je la trouve insatisfaisante sur un point, vous voyez lequel ?

Posté par _Alienor_ à 10:25 - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

11 avril 2019

Ces ratages qui n'en sont pas

Je ne veux pas vous parler de la technique qui consiste à maquiller un ratage en réussite en tordant la réalité pour en atténuer le négatif, soit en modifiant a posteriori ses idées de départ, soit en attirant l'attention sur des détails annexes auxquels on va donner plus d'importance pour minimiser le reste, mais bien de ces résultats qui sont de véritables ratages par rapport au but initial, mais s'avèrent, d'un point de vue dégagé de cet objectif de départ, ou du point de vue de l'observateur, de belles réussites.

Le plus bel exemple que j'ai trouvé est l'auto-destruction programmée du tableau "la fille au ballon" par son auteur, Banksi.
Au cours d'une vente aux enchères, juste après que le tableau a été attribué, un mécanisme télécommandé intégré dans le cadre a été déclenché, transformant le tableau en bandelettes... sauf que le mécanisme s'est grippé, et que le tableau est resté partiellement intact. Un coup de génie involontaire :

tab

Rebaptisé "Love is in the bin" le tableau aurait vu sa cote augmenter...

Bon, perso, je ne l'aurais pas renommé ainsi, j'aurais préféré un truc plus romantique, genre "seul reste l'amour", ou au pire "l'amour qui s'envole reste entier" ^^'

 

Dissolved Girl - Massive Attack -- puisque Banksi............

Posté par _Alienor_ à 08:30 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,
08 avril 2019

"Le Manuscrit inachevé" de Thilliez : l'enquête continue

*** ACCES INTERDIT***

*** A TOUTE PERSONNE N'AYANT PAS LU LE LIVRE ***

*** INTRIGUE DEVOILEE ***

*** VENEZ PAS RÂLER APRES ! ***

 

Bien.

Maintenant que nous sommes entre initiés, nous pouvons commencer.

Je vous avais volontairement laissés au printemps dernier sur des considérations générales (et nombrilistes) de ma lecture du "Manuscrit inachevé"... en essayant de ne pas trop en dire tout de même.
Mais maintenant que nous sommes à moins d'un mois de la parution du prochain roman de Thilliez, je vais m'autoriser à aller un peu plus loin...

Une mise en abîme vertigineuse, des similitudes à foison,
de la symétrie, des indices vrais et des indices faux :

 

MI 1MI 2MI 3
(le premier bloc n'est pas sérieux, mais les suivants si !)

Outre que je n'ai pas pu m'empêcher de m'amuser à prolonger la mise en abîme de façon à inclure l'auteur, Franck Thilliez, dans le schéma, (j'ai même dû m'impliquer personnellement pour rajouter un niveau supplémentaire ^^),  et malgré la recherche effrénée (toujours d'actualité) d'une symétrie qui n'existe peut-être même pas, je vous livre mes questions en suspens...  si vous avez des réponses, ou des pistes de réponse, je vous en serai infiniment reconnaissante.
Ou pas, parce que je crois que j'aime l'idée d'avoir encore quelque chose à découvrir dans ces pages.

- quid de "Mirraure" écrit avec deux "R" au lieu d'un, page 127, orthographe signalée conforme à celle voulue par Traskman ?
Indice ? Misdirection ?

- les palindromes : juste pour souligner le jeu de double/miroir ? je les avais assimilés à une misdirection, y-aurait-il quand même une signification cachée ?

- le premier et le deuxième "Manuscrit inachevé" font écho en symétrie aux troisième et quatrième, mais pas de manière parfaite... il faudrait pour cela un petit quelque chose de plus du côté de la famille Traskman... que le manuscrit soit l'aveu de meurtres, comme celui d'Arpageon. Mais...
Indice ? fausse piste ?

- d'autant que Caleb est également le nom d'un tueur itinérant (comme le Voyageur du roman), dans "L'évangile selon satan" de Patrick Graham. Auquel cas, la personnalité de Caleb Traskman prendrait une toute autre dimension.
Indice ? Coïncidence ? Hommage ?

- dans le prologue, on peut lire : "(...) tous les éléments s'exhibaient devant nos yeux dès les premiers mots (et les derniers)". C'est très évident pour le roman de Thilliez (voir tableau ci-dessous, incipit et explicit en noir) , beaucoup moins pour celui de Traskam, sauf si l'épigraphe compte comme "les premiers mots" (cf partie en bleu).
Donc le nom "MammaM", et éventuellement les mots qui précèdent, où il est question de miroir sans éclat de l'existence de Vic Altran et du descriptif du visage de son chien MammaM dont le côté droit est le double inversé de son côté gauche : simple allusion aux jumeaux, doubles inversés l'un de l'autre ?
Ou alors : Caleb pouvant signifier "chien", auquel cas, la fin de son roman se terminant sur "MammaM" prendrait une toute autre dimension, mais :
Indice ? Coïncidence ?
"Des coïncidences ! Les coïncidences ne... font pas les coupables." (p. 250)

MI 4

- la fin du roman ne raconte pas l'après-publication, or après la publication du "Manuscrit oublié" de Arpageon par Judith Moderoi, on découvre qu'elle est accusée des meurtres de Arpageon : est-il possible que les meurtres de Traskman puissent être dévoilées dans un futur post-roman non compris dans le roman ? est-il possible que le fils ait écrit le roman, confessant ses propres crimes et les mettant de cette façon sur le dos de son père ? ou que Caleb ait effectivement été un tueur ? ou sa femme le réel écrivain ? ou... ? ou... ? ou... ?
"Comme si cette non-fin faisait elle-même partie de l'intrigue, du 'mystère Caleb Traskman' " (p. 10)

 ... et celle-là, j'ai l'impression que je ne saurai pas la résoudre ^^

Un livre puissamment addictif,
une formidable obsession :

Mes points communs avec Vic Altran ne s'arrêtent pas à ceux relevés dans mon précédent billet :
"Il y avait aussi, posé sur une table, un jeu d'échecs, avec l'Immortelle de Kasparov en cours, que les obsessions de Vic poussaient à rejouer sans fin, coup après coup, à la recherche des secrets de Jeanson" (p. 203)

Ce qui devient chez moi :
"Il y avait aussi, posé sur une table, un bloc note et un crayon, avec le 'Manuscrit inachevé' de Thilliez en cours, que les obsessions de Aliénor poussaient à relire sans fin, page après page, à la recherche des secrets de l'auteur"...

D'un coup, je pense au numéro d'écrou de Jeanson : "27654". Il me rappelle vaguement quelque chose... oui ! le numéro de la tenue de prisonnier inscrit sur une des pièces de "Puzzle". Je file vérifier... mais non, fausse alerte, le numéro, incomplet, commence par "7643" (tête du chapitre 63, p.463 de l'édition Poche)... j'ai été induite en erreur par les chiffres décroissants à partir du 7...
"Ils trouveront des points communs là où ils voudront en trouver, même sur des éléments très différents" (p.134)

"Quand on est persuadé de quelque chose, toutes les coïncidences auxquelles on ne prêterait même pas attention d'ordinaire se transforment en indices. En éléments qui ressemblent à des messages qui nous sont adressés. Alors que ça ne reste que des coïncidences..." (p.100)

D'autant que Thilliez ne se prive pas de nous brouiller l'esprit en multipliant les symétries, les histoires de double, de chiffres qui reviennent, des misdirections de toute sorte...  quand on est comme moi obsédée par les détails, c'est rapidement impossible à maîtriser : encore un point commun avec Vic Altran :
"Il observa les lattes vertes du banc, en face de lui. Douze lattes parallèles, espacées de cinq centimètres, peut-être six. Etait-ce le cas pour le banc de droite, et l'autre, juste derrière ? Il se resaisit (...) quand il regagna se voiture, il connaissait le nombre de lattes des autres bancs" (p.101-102)

A cette lecture, toute personne avisée devrait me conseiller d'éviter le prochain roman, mais je ne suis pas inquiète : c'est une aventure du couple Sharko/Henebelle, pas de danger avec eux, c'est du bon polar bien ficelé mais qui n'encourage pas les obsessions des lecteurs... c'est en 2020 qu'il faudra s'inquiéter, quand sortira le "casse-tête à tiroirs" suivant...... ;)

Posté par _Alienor_ à 11:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
04 avril 2019

En avril, ne te découvre pas d'un fil

Réveillée aux aurores par le silence.

C'est toujours suspect, un grand silence.
Quand les enfants sont petits, c'est souvent qu'ils sont concentrés sur la bêtise en cours.
A la campagne au printemps, c'est qu'il neige.
Des gros flocons. Des "têtes de chat", comme on dit ici. Une neige lourde. Epaisse. Qui couvre tout en un rien de temps. Et trouve facilement prise sur les jeunes feuilles.

Essayer de se faire un café entre deux coupures de courant.

Chausser en catastrophe les Docs de Miss Minerve (trompée par les feuillages naissants, j'avais déjà rangé mes chaussures d'hiver !), vider à moitié la malle pour retrouver au moins un gant, enrouler son cou dans une écharpe, et sortir secouer les arbres.

Relever les jonquilles écrasées dans la neige au milieu des pousses naissantes de muguet.
Débarrasser les grappes de boutons de lilas cachées sous une calotte froide.
Secouer l'eucalyptus, qui ploie dangereusement.
Dégager délicatement les pommiers, prunier et cerisier en fleurs...

Pas un chant d'oiseau.

Juste, de temps en temps, quelque part sur une route du village, le bruit d'une tronçonneuse, ou dans la forêt, le craquement caractéristique des arbres qui cassent.

Les chats ne s'y sont pas trompés, ils restent enroulés sur eux-même
au chaud sur les fauteuils.

neige printemps 1

neige printemps 2

neige printemps 3

neige printemps 4

Toujours pas d'APN, toujours pas de belles photos.

Posté par _Alienor_ à 08:10 - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,
01 avril 2019

Des nouvelles ?

Des nouvelles !

Si j'ai détesté l'année 2018, épouvantable sur de nombreux plans, je suis déjà contrainte d'accepter l'idée que 2019 s'annonce pire. Les (grosses) tuiles et les (très très) mauvaises nouvelles s'enchainent.
Je n'en parlerai pas, je reviens ici non pas chercher votre compassion, juste me ménager une bulle d'air sans souci, un lieu d'échanges positifs, sans stress, sans douleur, dans la bonne humeur et la légèreté (ou pas : mais vous connaissez le style de mes billets ^^).
Un antidote au découragement.

Dans toute cette soupe de stress, une bonne nouvelle : Miss Minerve est officiellement dyslexique.

Vous ne manquerez pas de relever qu'un diagnostic de dyslexie n'est a priori pas ce qu'on peut appeler une bonne nouvelle, sauf que dans le contexte, si : c'est pas un truc tombé du ciel : les difficultés préexistaient, le diagnostic permet juste de cerner le problème et d'apporter des améliorations à son quotidien.

L'orthophoniste consultée quand elle était au collège ne s'en était pas rendu compte parce que la Miss compensait visiblement trop bien... on a refait une évaluation cette année, alertés par les profs qu'elle est incapable de terminer le moindre devoir sur table, qu'elle oublie des questions, oublie de regarder le verso des feuilles d'interrogation, que son orthographe crée des arrêts cardiaques chez les amoureux de la langue de Molière...
Bref, il y avait incontestablement un truc... et comme c'est l'année du bac, qu'elle est en section S binationale (Esabac), donc avec une certaine charge de travail et de pression, on commençait tous à stresser un peu (beaucoup)...
C'est bon, on a trouvé (enfin, pas nous : l'orthophoniste...) !
Et puis il n'y avait aucune raison qu'elle soit la seule à être exempte de dysfonctionnements, n'est-ce pas ?
Nous avons reçu l'avis favorable pour le tiers temps... un poids en moins.

Et vous ?
Toujours là ?
En pleine forme ?

Je vous laisse en image avec ma dernière gaffe...

BD

Posté par _Alienor_ à 10:28 - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

02 octobre 2018

Reconnaître son destin...

"Nous, les mortels, nous ne parvenons jamais à connaître notre véritable destin, pour la plupart ; nous sommes simplement bousculés par lui, renversés. Quand nous relevons la tête et que nous le voyons s'éloigner sur la route, il est trop tard, et nous devons faire le reste du chemin dans le fossé de ce que les rêveurs appellent la maturité. L'espoir est simplement la foi dans le fait que ce moment n'est pas encore arrivé, que nous parviendrons à discerner notre véritable destin quand il approchera et que nous pourrons sauter à bord avant de voir s'évader à jamais l'opportunité d'être nous-même, nous condamnant à vivre du vide, avec la nostalgie de ce qui devait être et ne fut jamais".

Citation tirée du livre fictif "Ariadna et le Prince écarlate", et trouvée à la page 329 du "Labyrinthe des esprits" de l'auteur espagnol Carlos Ruiz Zafon que je suis en train de dévorer (le livre, pas l'auteur).

Il s'agit du quatrière opus du "Cimetière des livres oubliés" qui comprend :
         L'ombre du vent
         Le jeu de l'ange
         Le prisonnier du ciel
         Le labyrinthe des esprits

Le vent, l'ange, le ciel et les esprits, entités évanescentes, s'opposent à l'ombre, le jeu, le prisonnier et le labyrinthe, qui évoquent un côté plus terre à terre, plus tortueux, plus sombre.

Je n'ai pas lu les trois premiers volumes, mais je compte bien me les procurer.
Le quatrième aborde le thème de l'envers du miroir, du double sombre...
Si j'ai eu un peu de mal à rentrer dans le livre (une constante depuis quelques temps), après une vingtaine de pages, je n'arrivais déjà plus à le lâcher.

Je vous en reparlerai, je pense, en attendant je vous laisse avec la superbe citation du départ... une parmi les nombreuses que j'ai relevées dans le livre...
Je la range à côté de celle tirée de "L'insoutenable légèreté de l'être" de Milan Kundera, que je radote depuis des décennies :

"L'homme ne peut jamais savoir ce qu'il faut vouloir car il n'a qu'une seule vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures, ni la modifier dans des vies ultérieures.(...) Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation (...) C'est ce qui fait que la vie ressemble toujours à une esquisse (...) une esquisse de rien, une ébauche sans tableau"

image

J'admire ceux qui ne regrettent pas la moindre minute de leur vie,
parce que moi,
certains jours,
j'aimerais bien pouvoir revenir
sur un point ou l'autre de mon passé... ^^

Posté par _Alienor_ à 14:20 - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,
30 septembre 2018

Aphantaisistes, manifestez-vous !

Tout le monde connait désormais mon goût prononcé pour tout ce qui touche l'imagerie mentale, la synesthésie notamment.

Mais si, et ce indépendamment de la synesthésie, certaines personnes peuvent produire volontairement des images mentales très fortes qui s'approchent, en intensité, d'une image réelle, couleurs incluses, d'autres, à l'extrême, ont un cerveau qui ne produit aucune visualisation.

Ce phénomène est appelé
"aphantasia" en anglais,
"aphantaisie" en français.

C'est un truc qui m'impressionne beaucoup, parce que dans ma tête, c'est un pêle mêle permanent d'images dynamiques, qui arrivent à être envahissantes puisque lorsque je suis trop prises par mes pensées, elles se superposent aux images du réel que mon oeil perçoit...
... sans parler de ma difficulté avec les concepts abstraits...

 

pensée visuelle vs formelle

 

On ne trouve pas beaucoup d'études sur l'aphantaisie. Pourtant, dès le 19ème siècle (on en revient toujours au 19ème siècle, chez Aliénor, vous n'aurez pas manqué de le remarquer ^^), l'étonnant Francis Galton (qui avait déjà décrit la synesthésie - j'aurais adoré rencontrer cet homme...) avait décrit ce mode de pensée, l'associant aux scientifiques de son entourage qui semblaient être dépourvus, ou quasi dépourvus de cette capacité de visualisation.

S'il s'avère aujourd'hui qu'il s'est trompé sur ce point, il me semble tout de même qu'il ait pu y avoir une forme de vérité dans son erreur : il se pourrait en effet qu'on retrouve

- plus de personnes avec des difficultés d'abstraction pure chez les personnes à fonctionnement mental fortement basé sur l'imagerie (genre qui ne comprennent pas une définition qui ne serait qu'une suite de mots avant de l'avoir traduite en images ou en schémas, comme moi)
- plus de difficultés en géométrie et en repérage dans l'espace chez ceux qui sont dépourvus d'imagerie mentale...

A vérifier :
confirmations ou infirmations de cas extrêmes souhaitées...

Y-a-t-il un chercheur dans la salle ?

 

Posté par _Alienor_ à 14:47 - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , ,
29 septembre 2018

Projet 52 - Véhicule

... souvenir d'une promenade dans les rues de mon patelin du bout des terres... véhicule marin sur vagues de budleias...

véhicule

Posté par _Alienor_ à 09:28 - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags :
27 septembre 2018

En fait, ce lion est un chat...

Confrontée à mes bizarreries de fonctionnement dont certaines ont pu constituer de sérieux freins à différents moments de ma vie, je commence à analyser mes mécanismes internes en situation d'apprentissage.

J'ai aujourd'hui compris quelque chose de fondamental : j'ai suis lente à accéder à la phase de généralisation.

Splications.

Prenons un exemple simple, tant pis s'il parait caricatural, l'essentiel étant d'en comprendre l'idée générale.

Imaginons qu'il faille apprendre à distinguer les chats des lions. Que pour cela on vous présente une liste des caractéristiques principales des deux bestioles, ainsi que quelques images de l'un et de l'autre. La quasi généralité de la population sera rapidement capable, avec ce bagage théorique, de distinguer les chats des lions.

Pas moi.

Parce que en présence d'un chat tel que celui là,

chat

je me poserai des questions rapport à sa "crinière", envisagerai des possibilités de croisement interespèce, l'existence possible d'une espèce jusqu'alors inconnue, ou que sais-je, j'irai alors me plonger dans la génétique évolutive, réaliser un répertoire de tous les animaux potentiellement proches du chat et du lion, me passionnerai au passage pour les caractéristiques du guépard, champion de course à pieds, ressentirai le besoin impérieux de revoir le film de Visconti avant d'aller me perdre dans les histoires de chasse aux lions mangeurs d'homme et de d'hommes mangeurs de chat (parce que c'est symétrique, et la symétrie c'est plus fort que moi) en méditant sur le rapport de taille entre prédateurs et "prédatés".

En situation d'examen, contrainte de me limiter aux indications proposées, je serai malgré tout parasitée par un tas de détails inutiles :
- on ne voit pas la queue sur la photo, ce qui serait pourtant un critère décisif dans ce cas précis,
- l'animal a de grosses pattes, plus grosses que celles qu'on m'a fait observer chez les chats,
- etc,
et finirai par me dire qu'il y a forcément un piège, donc répondrai qu'il s'agit.... d'un lion !

En définitive, pour apprendre à distinguer le chat du lion, j'ai besoin de voir beaucoup plus de photos que la moyenne, car j'ai besoin de connaître la longueur type et la distribution des poils des chats angoras, les caractéristiques de toutes les variétés de chats tant qu'on y est, de comprendre le mode de vie respectif des deux espèces (ça donne des indices pour confirmer leur identification sur les photos), leur régime alimentaire... et alors seulement je serai en mesure de faire la différence.

Sauf que personne n'a besoin de tout ce fatras de connaissances pour distinguer un chat d'un lion (à part moi), que tout le monde réussit brillamment le test en donnant la bonne réponse, "chat" (à part moi) et que mes proches font des yeux ronds quand ils découvrent mes performances, parce qu'ils attendaient tous tellement mieux de moi (pas moi, trop habituée à mon côté sous-réalisateur).

Il se pourrait que cette particularité soit génétique : un  professeur de Miss Minerve m'a fait remarquer qu'entre ses interventions en cours et ses résultats aux devoirs de classe, il y avait une différence qu'il n'arrivait pas à expliquer, et que c'était, en situation d'examen, "comme si elle se débrouillait pour faire tous les types d'erreurs possibles"...

Les Lions font pas des Chats... ^^

Posté par _Alienor_ à 09:04 - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,
25 septembre 2018

Cette version parfaite qui n'existe que dans ma tête...

La Gnossienne n°1 de Satie est une mélodie que j'ai appris à aimer au fil des versions entendues par hasard : je la connaissais par coeur avant d'avoir identifié son nom et celui de son auteur.
J'ai fini par m'en faire une version me convenant particulièrement (celle que je me joue dans mon juke box mental), une interprétation qui résulte de mon appropriation émotionnelle personnelle de la mélodie.

Evidemment, ma version n'existe pas sur internet, et mes doigts capricieux m'interdisent de la traduire au piano pour vous.

Celle qui lui ressemble le plus est celle-ci :

Erik Satie - Gnossienne No.1

Si la Gnossienne n°1 constitue chez moi une expérience extrême et exceptionnelle d'appropriation d'un morceau, je finis souvent par avoir, des morceaux que j'aime et que j'ai beaucoup écoutés, une version personnelle modifiée plus adaptée à ma sensibilité.

frise

 ... nous n'apprécierons la reprise d'un morceau que si l'interprétation entre en adéquation avec l'intensité émotionnelle subjective que nous inspire ce morceau.

Posté par _Alienor_ à 18:36 - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :
23 septembre 2018

Mémoire du corps et intuition

Dans "Le sentiment même de soi", Antonio Damasio rapporte le cas de David, qui suite à une lésion des lobes temporaux (étendue à l'hippocampe et à l'amygdale) est devenu incapable d'apprendre ou de retenir quoi que ce soit. Des expériences ont montré que malgré cette incapacité à mémoriser les nouvelles expériences, de nouveaux souvenirs, David pouvait, si une personne se montrait régulièrement désagréable avec lui, et ce bien qu'il ne lui soit pas possible de s'en souvenir via l'utilisation de ses circuits mnésiques, développer une sorte d'aversion envers cette personne.

"Nous n'avons pas à être conscients de l'inducteur d'une émotion, et bien souvent, nous ne le sommes pas, et nous ne pouvons pas contrôler les émotions à venir".

"les représentations qui induisent des émotions et donnent lieu, par la suite, à des sentiments, n'ont pas besoin d'être l'objet de l'attention, qu'elles signifient quelque chose d'extérieur à l'organisme ou quelque chose qu'on se rappelle en son for intérieur. Qu'elles soient de l'extérieur ou de l'intérieur, les représentations peuvent se produire à un niveau infra-conscient et induire néanmoins des réponses émotionnelles. Les émotions peuvent être induites d'une manière non consciente et apparaître ainsi au Soi conscient comme étant apparemment immotivées".

Dans "La mémoire fantôme", au chapitre 21, Thilliez développe plusieurs pathologies de la mémoire, et aborde ce qu'il appelle la mémoire du corps "associée avec notre mémoire implicite (...) qui provoque les suées, qui accroît les pulsations cardiaques face à une situation déjà vécue mais dont on n'a pas forcément le souvenir".

Il m'est souvent arrivé de me sentir mal à l'aise ou subitement angoissée dans des situations qui ne justifiaient en rien un tel malaise. Je disais alors que j'avais l'impression de ressentir des angoisses qui n'étaient pas les miennes... en fait, elles l'étaient probablement : mon cerveau, grand traqueur de détails, avait peut-être perçu quelque chose d'insignifiant pour mon moi conscient, mais qui me ramenait à une situation passée désagréable... qui sait... ?

Cette sorte d'intuition fugace que nous ressentons lors d'une première rencontre, n'est-elle pas l'expression de cette mémoire du corps qui nous ramène à des éléments du passé associés à des ressentis positifs ou négatifs ?
Ces sympathies ou antipathies immédiates, elles n'ont rien de rationnel, elles se basent sur des intuitions, sur la mémoire du corps...

J'aime cette idée parce qu'elle répond à des questions que je me suis longtemps posée.
Je m'intéresse énormément à cette mémoire du corps.
Est-ce que cela vous parle ?
Avez-vous des expériences ou sources documentaires à partager ?

Posté par _Alienor_ à 09:55 - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , ,
22 septembre 2018

Projet 52 - Bonbons

2001 - Nous sommes une petite dizaine, assis en cercle sur des bancs trop bas pour nous, légèrement surplombés par une femme qui a le privilège d'avoir une chaise normale. Notre (seul) point commun : un enfant qui va entrer en petite section de maternelle à la rentrée.
Je suis là pour Numéro6.
Nous nous jetons mutuellement des coups d'oeil à la dérobée, nous jaugeant les uns les autres pour nous faire une idée du type de camarades qui passeront l'année avec notre précieuse progéniture... entre deux explications de l'institutrice sur le fonctionnement de sa classe...

Vient le chapitre sur la gestion des bonbons (je ne vous l'avais pas déjà racontée, celle-là ? z'êtes certain ? c'est un grand classique, pourtant...).
La maîtresse explique que lors des anniversaires, les bonbons sont partagés et dégustés par les enfants assis sous surveillance dans cet emplacement même où nous nous tenons. Des questions ?

Alienor : ... Il faut que je vous signale que mon fils n'a jamais mangé de bonbons...

Une mère d'élève en tombe de sa chaise en m'entendant et s'exclame, focalisant violemment l'attention sur mon étrangeté éducative : Je ne savais pas que ça existait ENCORE, des parents qui ne donnaient pas de bonbons à leurs enfants...

2018 : la pression sociale n'a pas eu raison de mes habitudes de vie : nous ne mangeons toujours pas de bonbons... donc un sujet comme celui-ci, si je ne le prépare pas à l'avance, c'est compliqué.

Alors pour que je puisse rester dans la course, vous voudrez bien avoir l'exquise amabilité de m'accorder comme "bonbon" le truc sucré qu'on picore par gourmandise à n'importe quelle heure de la journée...

bonbon

 

Posté par _Alienor_ à 12:25 - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : , ,