Aliénor, Miss Minerve et deux autres ados en voiture. Besoin d'argent liquide.

Aliénor : Aidez-moi à trouver un distributeur d'argent, je ne connais pas cette ville.

Fou-rire dans la voiture.

Aliénor : Je ne vois pas ce que j'ai dit de drôle : je suis au volant, je ne peux pas regarder de partout...
Miss Minerve : Mais maman, tu as dit "cabine téléphonique" au lieu de "distributeur d'argent".

Moment de flottement...

Je suis une spécialiste du "mot pour un autre". Depuis aussi longtemps que je me souvienne (et non, ça ne s'aggrave pas avec l'âge, juste avec la fatigue ^^). Quand je ne suis pas parfaitement concentrée, les mots jouent les farceurs...
Au point que, à table, lorsque je demande de l'eau, je me vois régulièrement tendre... le sel.

Alors il y a toujours un lien entre les mots : ils peuvent se ressembler visuellement, avoir le même type d'utilité, ou présenter des similarités de fonctionnement, de composition, de prononciation... :

lave-vaisselle <-> lave-linge   = appareil ménager qui nettoie + mot composé

sel <-> eau   = repas, couleur claire, "fluide" qu'on verse + mot très court et très courant

distributeur d'argent <-> cabine téléphonique   = point d'accès en ville, via un rectangle en plastique équipé d'une puce, à une partie de sa vie (banque, amis) géographiquement éloignée + composé de deux mots

etc. mais il y a toujours une raison "visuo-structurelle" à mes substitutions.

Le plus souvent, je me rends compte de mon erreur au moment où je prononce le mot, ou rétrospectivement, quand je vois la tête des gens à côté de moi et que je rembobine le fil de mes paroles.
Mais parfois, je ne m'en rends pas compte. Comme cette fois-ci...

J'attribue ces bugs à ma façon de penser, très visuelle. Les mots ne veulent rien dire pour moi si je n'arrive pas à les traduire en images, et au-delà de la simple représentation imagée, ils sont associée à une représentation visuelle abstraite dynamique qui illustre leur fonctionnement.

C'est quelque chose qui vous parle ?