J'ai eu envie de participer à l'exercice littéraire organisé par Mind The Gap pour le 10ème anniversaire des Plumes d'Asphodèle.

En gros, 14 mots à mettre dans un texte... j'avoue m'être laissée emporter par ces élans de romantisme si particuliers qui me caractérisent (et qui traumatisent tout le monde autour de moi). Jo Dassin va m'en vouloir. Tant pis.

Variation sur le thème de l'été indien...

Enjoy it...

automne

Nous nous étions rencontrés dans le parc à côté de cette école maternelle, rue de la passerelle. C’était en septembre, les hirondelles commençaient à se masser sur les fils électriques. On entendait au loin des enfants chanter une petite ritournelle sur les voyelles, nos regards se sont croisés à cet instant, et tu m’as souri. C’était magique. J’ai immédiatement  compris que tu étais celui que j’avais attendu toute ma vie.

Nous nous sommes juré un amour éternel quelques jours avant Noël. Je portais une longue robe de dentelle à bretelles sous une étole de flanelle. Tu m’avais dit que je ressemblais à une aquarelle de Marie Laurencin.

J’ai glissé une photo de nous deux dans la poche intérieure de ta veste. Celle où nous posons sur la balancelle, que tu gardais dans ton portefeuille. Ainsi, je me tiendrai tout contre ton cœur pour ton dernier voyage.

Je crois que tu l’aurais trouvée belle, cette  stèle en marbre avec sa ribambelle d’angelots. Ils ont l’air si heureux… à l’image de nous deux pendant ces quelques mois…

Il faut maintenant que je me concentre sur les plus belles images de notre histoire, et que je réussisse à oublier celle qui me harcèle : ta tête en train d’éclater comme une mirabelle bien mûre et tous ces morceaux de cervelle sur la margelle du puits…
Il n’aurait pas fallu que je découvre sur ton pull ce parfum de cannelle qui n’était pas le mien. Ça m’a brisé le cœur d’imaginer que tu m’avais été  infidèle…  mais tout est de ta faute, aussi : je ne pouvais pas deviner qu'il s'agissait du parfum de ta sœur...

 

L'ETE INDIEN- JOE DASSIN